Après le médecin traitant, voici le pharmacien correspondant : 5 questions pour comprendre le principe

Un décret paru dimanche au Journal officiel va simplifier l’organisation des pharmaciens correspondants. Il aura la possibilité de renouveler un traitement avec l’accord du médecin. La pratique sera strictement encadrée.

17 ans après la mise en place du médecin traitant obligatoire – la loi date d’août 2004, le dispositif de “pharmacien correspondant” va pouvoir être se développer grâce à un décret paru dimanche au Journal officiel. Ce dispositif va donner un peu plus d’indépendance au pharmacien à condition que le médecin du patient soit d’accord.

Créé par la loi Hôpital, santé et territoires de 2009, le pharmacien correspondant n’avait jamais vraiment décollé en raison de lourds protocoles à respecter.

L’objectif recherché par le ministère de la Santé est d’améliorer la prise en charge des patients qui souffrent de maladies chroniques en évitant les ruptures de traitements.

  • Que pourra faire le pharmacien correspondant ?

Le pharmacien correspondant sera autorisé à “renouveler périodiquement des traitements chroniques et ajuster, si besoin, leur posologie”, précise le texte du Journal officiel. L’ordonnance devra mentionner que le pharmacien peut faire le renouvellement ou le changement de posologie qui pourra être limité à une partie de l’ordonnance. En cas de nouvelle posologie, le pharmacien devra en informer le médecin traitant. La prescription, renouvellement du pharmacien inclus, ne devra pas dépasser un an. Dans les faits, un pharmacien pouvait déjà renouveler pour un mois une prescription pour une maladie chronique.

  • Qu’en pensent les médecins et les pharmaciens ?

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) est mesurée. “Adapter une posologie est une décision médicale, n’oublions pas que chacun a un cœur de métier qui doit être respecté. Le pharmacien, ça n’est pas celui qui prescrit”, explique au Figaro le Dr Jean-Paul Ortiz, le président de la CSMF. Le son de cloche est naturellement différent du côté des pharmaciens. “L’intégration du pharmacien dans le parcours de soins se consolide”, réagit dans le Figaro Renaud Nadjahi, vice-président du syndicat USPO (Union de syndicats de pharmaciens d’officine). Il estime que le pharmacien devient “de moins en moins commerçant et de plus en plus soignant”. Ces dernières années, les pharmaciens peuvent déjà vacciner contre la grippe, faire des tests antigéniques ou des bilans de médication.

  • Le pharmacien correspondant sera-t-il obligatoire ?

Contrairement au choix du médecin traitant, obligatoire sous peine d’être moins bien remboursé par l’Assurance maladie, le dispositif de pharmacien correspondant ne sera pas obligatoire pour les patients.

  • Qui pourra être pharmacien correspondant ?

Le pharmacien correspondant devra être “un pharmacien titulaire d’officine ou gérant d’une pharmacie mutualiste ou de secours minière”, indique le texte du décret signé par le ministre de la Santé Olivier Véran. Pharmacien et médecin devront appartenir “au même exercice coordonné” c’est-à-dire à la même équipe de soins primaires, au même centre ou à la même maison de santé.

  • Qui doit informer la Sécu et le médecin ?

Le patient devra informer l’Assurance maladie du choix de son pharmacien correspondant mais c’est le pharmacien qui devra prévenir le médecin traitant du patient.

 

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